Le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières Jacquemain Shabani Lukoo, a présidé jeudi 19 février 2026 à Kinshasa, la cérémonie officielle de remise du fichier des électeurs enrôlés en 2022. Au cours de cette cérémonie, les données ont été transmises par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) à l’Office National d’Identification de la Population (ONIP), en vue de la constitution du fichier général de la population.
Selon le patron de l’intérieur, cette étape marque le point de départ du processus de mise en place d’un système national d’identification moderne, appelé à aboutir à la délivrance de la carte nationale d’identité.

« Cette cérémonie qui nous réunit ce jour revêt une portée à la fois historique, administrative et profondément politique. Historique, parce qu’elle met fin à une anomalie de près de quatre décennies. Administrative, parce qu’elle jette les bases de l’opérationnalisation de la constitution du fichier général de la population à travers un système moderne d’identification. Politique, enfin, parce qu’elle touche au cœur même du contrat entre l’État et le citoyen », a-t-il déclaré.
Pour sa part, le président de la CENI, Denis Kadima, a rappelé que le fichier électoral de 2022 constitue une base importante, mais qu’il doit impérativement être actualisé.

« Le fichier constitué en 2022 appelle impérativement à une actualisation, car depuis son établissement, des évolutions significatives sont intervenues au sein de la population. Il est donc indispensable d’en retirer les personnes décédées, de prendre en compte les changements de résidence et d’y intégrer les citoyens devenus majeurs après l’opération d’enrôlement de 2022 », a dit Denis Kadima.
Le directeur général de l’ONIP a quant à lui mis en avant le caractère inclusif du futur fichier général de la population, assurant qu’aucune catégorie ne sera laissée en marge.

« Le fichier général de la population est appelé à inclure l’ensemble des personnes résidant sur le territoire de la République, qu’elles soient civiles ou militaires, qu’elles possèdent la nationalité congolaise ou qu’elles soient étrangères. Aucun groupe, aucune catégorie ne doit être exclu de ce processus national », note-t-il.
À titre de rappel, depuis 1986, les congolais ne disposent plus de carte nationale d’identité. Quarante ans après, les autorités engagent ainsi un processus présenté comme déterminant pour la souveraineté, la sécurité et la modernisation de l’État.
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