En République Démocratique du Congo, le débat autour de la révision constitutionnelle s’impose comme un passage obligé annonçant ainsi un moment houleux au sein de l’Union sacrée de la nation, plateforme politique chère au Chef de l’Etat Félix Tshisekedi. Après le professeur de droit Constitutionnel, Evariste Boshab qui pense que la constitution de la RDC, promulguée le 18 février 2006, a atteint sa maturité et qu’elle doit être changée, le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo s’est mêlé dans le débat, lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa, mercredi 05 mars dernier, évoquant le manque criant de constance, le caractère opportuniste et infondé qui animent l’égocentrisme de ceux qui chantent au rythme du changement de cette loi mère.
Contacté jeudi 05 mars par notre rédaction relativement à ce sujet, le président national du parti politique EKOLO, Chris Mukendi Kabemba, s’est montré plutôt favorablement à ce débat lequel il qualifie de légitime dans une démocratie quoiqu’il reste convaincu que ce sujet devrait être encadré au préalable par l’union sacrée, ce qui n’a pas été fait fort malheureusement.
« La communication du Professeur Modeste Bahati en réaction aux propos du professeur Boshab sur la constitution, traduit en réalité l’absence criant du débat interne au sein de l’Union Sacrée de la Nation, déficit que j’ai eu à décrier au cours d’une de mes dernières interventions sur le plateau d’une chaîne, appelant ainsi le chef de l’Etat, la Haute Autorité Politique de l’USN à ramener de l’ordre dans le rang. Il est donc évident que lorsque une famille politique n’arrive pas à se mettre ensemble autour d’une table pour débattre et lever des options sur des questions d’une importance aussi capitale, afin d’uniformiser sa communication, que chacun aborde le sujet selon son entendement », a-t-il réagi.
Cependant, Chris Mukendi estime que ce déficit communicationnel au sein de cette plateforme fait malheureusement la propagande de l’image d’une famille politique déstructurée, sans coordination et dont le seul objectif est le partage de pouvoir. Par ailleurs, en grattant fortement sur la sortie médiatique du professeur Bahati Lukwebo, Chris Mukendi revient sur l’importance des débats politiques dans un pays qui se veut démocratique.
« Aux propos du professeur Bahati, je voudrai rappeler que le Congo est une République démocratique dont la constitution garantie les droits et libertés fondamentaux à tous, en l’occurrence la liberté d’expression et la liberté d’opinion. Dès lors que la famille politique à laquelle appartient le président de l’AFDC n’a pas encore de manière officielle, levé l’option sur la question de la révision ou du changement de la constitution, on ne peut pas lui reprocher le fait d’avoir donné son point de vue qui du reste est scientifique, en réaction à un autre son de cloche donné par un autre scientifique, le professeur Boshab pour ne pas le citer. Malheureusement les réactions violentes ainsi que les invectives que suscitent ses propos, révèlent le malaise que cache la problématique de la révision constitutionnelle. Je crois qu’il est temps que l’Union Sacrée de la Nation aborde courageusement et sans ambages cette question et de lever une option définitive dans le meilleur délai, de peur qu’après ces deux protagonistes d’autres sociétaires de l’USN emboîtent le pas », a-t-il renchérit avant de conclure « Le point de vue de Modeste Bahati Lukwebo ne constitue nullement un acte de déloyauté envers le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi mais ouvre cependant la voie à un débat franc au sein de notre famille politique ».

Notons à cette occasion que, le président national de EKOLO Chris Mukendi exige un débat dépassionné sur cette question aussi vitale, laquelle touche intrinsèquement à la sensibilité de l’État congolais, afin que la modification soit le changement de la constitution soit une émanation du peuple congolais mais aussi très loin des calculs politiques et opportunistes.
Israël Ifuwa Djidja
