L’Église du Christ au Congo (ECC) est sortie de son silence sur l’épineuse question de la révision constitutionnelle en République Démocratique du Congo. À l’issue de sa 66ᵉ session extraordinaire tenue à Kinshasa, la principale plateforme protestante du pays a appelé les acteurs politiques à privilégier un dialogue démocratique national, inclusif et apaisé avant toute initiative visant à modifier la Constitution.
Dans une déclaration très attendue, l’ECC estime que toute réforme constitutionnelle doit être menée dans le strict respect des dispositions de la Constitution, notamment les articles 5, 218, 219 et 220 qui encadrent les procédures et les limites de révision de la Loi fondamentale. Alors que les discussions autour d’une éventuelle révision de la Constitution continuent d’alimenter le débat politique national, l’ECC refuse toute démarche précipitée susceptible d’accentuer les divisions au sein de la société congolaise.
Face à cette question qui divise les opinions, l’institution religieuse considère qu’aucune réforme ne peut être légitime sans un consensus préalable impliquant l’ensemble des forces vives de la nation.
« Toute initiative de réforme constitutionnelle dans le contexte actuel doit impérativement répondre à l’exigence d’un cadre national inclusif et apaisé », souligne la déclaration finale de l’organisation protestante.
Au cours des derniers jours, l’ECC avait multiplié les consultations avec des représentants de la majorité présidentielle, de l’opposition politique ainsi que d’autres acteurs sociaux afin de recueillir les différentes sensibilités sur la question constitutionnelle. À l’issue de ces échanges, l’Église a conclu que le dialogue demeure la meilleure option pour aborder les questions touchant à l’avenir institutionnel du pays. Elle invite ainsi les responsables politiques à éviter la polarisation et à privilégier la concertation pour préserver la cohésion nationale.
Bienvenu LEMA
