La République Démocratique du Congo traverse depuis plusieurs mois un débat politique sensible autour d’un éventuel changement ou d’une révision de la Constitution. Cette question, déjà explosive dans la sphère politique, a récemment pris une dimension religieuse après une série de déclarations publiques opposant le pasteur Moïse Mbiye au camp de l’archevêque Ejiba Yamapia, favorable à l’idée d’une réforme constitutionnelle.
Au centre de cette tempête figurent deux noms devenus incontournables : Moïse Mbiye et Évariste Ejiba Yamapia. L’un critique l’implication politique des pasteurs ; l’autre est accusé de conduire un mouvement favorable au changement constitutionnel. Cette confrontation idéologique révèle une crise plus profonde : celle de la place de l’Église dans la vie politique congolaise.
Cette controverse a provoqué un profond malaise dans les Églises de réveil en RDC, mettant en lumière les divisions entre responsables religieux sur leur rôle dans le débat politique national. Depuis plusieurs années, la question de la réforme constitutionnelle revient régulièrement dans le débat public congolais. Certains acteurs proches du pouvoir estiment que la Constitution actuelle comporte des limites institutionnelles et qu’elle devrait être adaptée aux réalités du pays. D’autres considèrent au contraire qu’une révision pourrait ouvrir la voie à une concentration du pouvoir ou à une prolongation politique dangereuse.
Selon plusieurs médias congolais, un courant religieux soutient l’idée qu’une réforme constitutionnelle pourrait contribuer à stabiliser les institutions ou à accompagner certaines ambitions politiques nationales. Autour d’Ejiba se sont également retrouvés d’autres prédicateurs influents comme Pascal Mukuna ou Léopold Mutombo, souvent cités dans les débats médiatiques liés à cette question, une implication croissante des pasteurs dans les discussions politiques a suscité des critiques au sein de l’opinion publique, certains accusant les Églises de devenir des relais politiques.
Le tournant majeur de cette polémique est intervenu lors d’une prédication du dimanche 10 mai 2026 à Kinshasa. Au cours de son sermon à l’église Cité Bethel, Moïse Mbiye a pris publiquement ses distances avec les pasteurs engagés dans la campagne en faveur du changement constitutionnel. Sans toujours citer directement les noms, il a dénoncé des responsables religieux qui, selon lui, auraient abandonné leur mission spirituelle pour s’investir excessivement dans la politique.
« Ils ne bénissent plus personne. Ils ne pensent pas à élever leurs églises. Il y a des rassemblements des pasteurs, ils parlent de politique on va changer la Constitution, c’est devenu un camp des lépreux », a lâché le pasteur Moïse Mbiye en plein culte.
Face à cette polémique, plusieurs observateurs estiment que cette affaire pourrait laisser des traces durables dans les milieux évangéliques congolais. D’un côté, le camp favorable au changement constitutionnel considère qu’il est normal que l’Église participe aux débats nationaux. De l’autre, des pasteurs comme Moïse Mbiye défendent une vision plus spirituelle et moins politisée de la mission pastorale, une opposition qui dépasse désormais la simple question constitutionnelle allant à toucher à l’identité même des Églises de réveil en RDC : doivent-elles devenir des acteurs politiques à part entière ou rester principalement des espaces spirituels ? S’interroge votre rédaction de News 243.
La Rédaction
