À Kinshasa, les embouteillages monstres et les violations du code de la route par certains cortèges officiels provoquent depuis longtemps la colère de la population. De nombreux conducteurs dénoncent les véhicules administratifs et ministériels qui roulent à contre-sens, bloquent les routes ou utilisent des plaques cachées afin d’éviter toute sanction.
Face à cette situation, Félix Tshisekedi a choisi un ton particulièrement dur pour rappeler ses collaborateurs à l’ordre.
« Si vous voyez un ministre prendre un sens unique, donnez-moi son nom avec des preuves, il quittera le gouvernement », prévient-il.
Cette déclaration traduit une volonté affichée de remettre de l’ordre dans la gestion de la circulation urbaine à Kinshasa. Depuis plusieurs années, la pratique du « sens unique » est devenue l’un des symboles des privilèges des autorités publiques. Dans plusieurs communes de la capitale, des cortèges officiels roulent régulièrement à contre-sens afin d’éviter les embouteillages, perturbant davantage la circulation et mettant parfois en danger les autres usagers de la route.

À savoir, la circulation à Kinshasa demeure cependant un immense défi. La capitale congolaise connaît une forte croissance démographique, avec des infrastructures routières souvent insuffisantes face au nombre de véhicules en circulation. Les embouteillages paralysent quotidiennement les principales artères de la ville, causant des pertes économiques importantes et une grande frustration chez les habitants. Plusieurs tentatives de réorganisation de la circulation ont déjà été expérimentées par les autorités urbaines, mais les résultats restent limités.
Bienvenu LEMA
