En République Démocratique du Congo, l’assemblée nationale a franchi une étape majeure dans la réforme du secteur immobilier en adoptant une proposition de loi visant à imposer le paiement des loyers en franc congolais. Cette initiative, portée par le député national Venance Eyanga Mboyo, pourrait bouleverser les habitudes d’un marché locatif longtemps dominé par le dollar américain.
Dans les grandes villes du pays, notamment à Kinshasa, Lubumbashi, Goma et Matadi, la majorité des contrats de location sont négociés et payés en dollars américains. Pourtant, la plupart des congolais perçoivent leurs revenus en franc congolais, une situation qui expose les ménages aux fluctuations permanentes du taux de change. Face à cette réalité, la nouvelle proposition de loi entend réaffirmer la place de la monnaie nationale dans les transactions immobilières. Le texte prévoit que les loyers soient désormais fixés et payés en franc congolais, conformément au statut officiel de cette monnaie en RDC.
Pour les défenseurs de la réforme, cette mesure constitue avant tout une protection pour les locataires. Chaque hausse du dollar entraîne automatiquement une augmentation du coût du logement pour des familles dont les revenus restent souvent inchangés. En imposant le franc congolais comme référence, les initiateurs du texte espèrent réduire la pression financière sur les ménages et renforcer la souveraineté monétaire du pays.
« Le logement est un besoin fondamental. Il ne devrait pas être soumis aux incertitudes du marché des changes », estiment plusieurs observateurs favorables à la réforme.

Ces mesures visent à rendre le marché plus transparent et à réduire les nombreux conflits qui opposent régulièrement propriétaires et occupants. Si les locataires accueillent favorablement cette réforme, certains propriétaires expriment des réserves, leur principale inquiétude concerne l’inflation et la dépréciation éventuelle du franc congolais.
Bienvenu LEMA
